Autant dire le meilleur feel-good movie depuis longtemps. Dans ce film, Meryl Streep incarne Julia Child, celle qui a appris à l'Amérique à cuisiner – personnage culte qui, il faut le reconnaitre, n’a malheureusement pas bien réussi à élever le niveau moyen des cuisines de son pays natal (recette des brownies au Dr Pepper à suivre, si, si, je vous assure apparemment ca existe). Depuis sa formation a l’école du Cordon Bleu a Paris, nous la suivons dans l'écriture de son livre de cuisine phare et dans sa gourmandise de vivre de tous les instants. 50 ans après son émission culinaire hante toujours les grilles de la télévision publique PBS.
La joie évidente de l’actrice à l'écran reflète exactement celle de son modèle historique devant ses fourneaux. Je ne saurais dire exactement quand Meryl Streep a surpassé son statut de star pour
devenir la seule capable de jouer dans n’importe quel registre avec une telle sincérité et une telle passion. En tout cas le public américain l’adore depuis Le Diable s’habille en Prada, et ils
lui pardonnent aisément Mamma Mia!
Le film s’occupe pour moitie de la vie d’une bloggeuse moderne qui entreprend de cuisiner l’intégralité des recettes du volume culinaire de Julia Child. Celle-ci deviendra pour cette femme un peu
paume, un modèle dans son surpassement.
Mais ce qui est par ailleurs intéressant est le parallèle créé par la juxtaposition de deux modes de vie séparés de 50 ans. D’un cote Paris 1949, un appartement cossu d’un diplomate américain, la vie de quartier, les restaurants et commerçants, les produits frais, la convivialité des diners mondains, les toilettes élégantes des femmes de l’après-guerre et un couple amoureux par-dessus tout. De l’autre : le Queens, un appartement crasseux au-dessus d’une pizzeria dans un quartier de terrains vagues semi-industriels, une kitchenette de camping exiguë, des bouchers qui n’ont aucune idée de comment cuisiner leurs produits, un rush permanant, et un couple de jeune marries tristes qui ne se touchent presque pas.
J’aimerai pouvoir dire que la cinéaste ait forcé le trait. Il me sera toujours inconcevable que la banlieue de NY ressemble tant a celle de Bagdad. Un jour le progrès de l’habitat viendra aux Etats-Unis, je suis sur que c’était dans le programme d’Obama quelque part. J’ai lu que dans le cadre de son plan de relance, Beijing forçait la production de machines à laver pour équiper les ménages chinois. Quand l’ouvrier du Lanzhou aura l’électroménager que les propriétaires de duplex sur Central Park West ne peuvent imaginer, peut-être les flux migratoires s’inverseront.
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